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Impliqués dans ce projet depuis son lancement, nous avons notamment été parties prenantes du collectif “Avançons ensemble pour la Hotoie de demain !”, favorable à un projet ambitieux de rénovation du parc. Voici notre contribution à l’enquête publique en cours.
Le projet de requalification du parc de la Hotoie est un beau projet, qui permettra de convertir un parc historique délaissé en un parc de référence de la ville du XXIᵉ siècle, qui allie usages urbains repensés, développement de la nature en ville et adaptation au changement climatique. Cet espace ainsi requalifié est un atout majeur pour l’avenir et l’attractivité du quartier, des quartiers voisins, et même de l’ensemble de la ville d’Amiens et de son territoire.
Du point de vue de la mobilité, nous avons pu le dire lors des démarches préalables de concertation, le projet est bénéfique aux mobilités durables, d’abord directement par la création d’un espace important, cohérent, plus apaisé, où il fera bon marcher et faire du vélo, mais aussi indirectement à l’échelle de l’ouest de la ville, où l’empêchement du trafic motorisé sur l’avenue Salvadore Allende incite au report de certains trajets effectués en voiture vers les transports en commun, le vélo ou la marche, comme cela se constate partout ailleurs dans ce genre de situation (c’est l’évaporation du trafic).

Pour nous, la question de la fermeture de l’avenue Salvador Allende est derrière nous : après 2 ans de fermeture, de nouvelles habitudes ont été prises, sans blocage majeur, notamment du fait des aménagements apportés visant à fluidifier la circulation au niveau du boulevard Faidherbe et de l’avenue Pierre Mendès France. L’espace dégagé permet la création d’un parc réunifié et est déjà adopté directement sur place pour des usages de détente, de promenades, de jeux.
Les capacités de stationnement actuelles (parking existant créé il y a quelques années à côté de la station de lavage, places créées boulevard des Fédérés… ) et projetées (parking envisagé dans le triangle nord, poches de stationnement avenue Louis Blanc…) nous semblent suffisantes, au vu aussi de la proximité du parc des transports en commun (BHNS et train) et du parking relai ouest.
Avant de penser à créer des places supplémentaires, il nous semblerait plus opportun de rationaliser l’offre existante, par exemple en étendant le périmètre du stationnement résidentiel, notamment dans le quartier du Faubourg de Hem, ou en incitant davantage à venir au parc ou au zoo autrement qu’en voiture (à l’instar des réductions proposées en Normandie ?). Ces réflexions devront aussi être encouragées dans le cadre du plan de mobilité en cours de déploiement.
Des compléments attendus, l’intégration réelle de l’allée du Bicêtre au parc
Nous notons cependant 3 axes de compléments attendus autour de ce projet :
D’abord en peaufinant les itinéraires vélo du parc :
- Sur l’axe nord-sud, en assurant avec attention la connexion aux aménagements existants à chaque extrémité de l’avenue Salvador Allende ;
- Sur l’axe est-ouest :
- à l’extrémité ouest, un revêtement stabilisé mécanique semble prescrit sur la liaison vers le pôle mégacité au-delà du bassin rond : l’enrobé nous semble à privilégier pour une meilleure durabilité de l’aménagement, possiblement situé sur la véloroute V32 reliant Conty, Beauvais et Paris.
- Sur l’allée du Tivoli, qui est le principal itinéraire vélo : faut-il séparer davantage les flux piétons et cyclistes pour une meilleure cohabitation ?
- Au niveau de l’allée du Bicêtre, interrogation sur l’itinéraire conseillé aux cyclistes : l’allée interne au parc apparaît comme piétonne et au revêtement stabilisé, et la portion routière n’intègre aucun aménagement cyclable malgré les travaux réalisés (conformité à l’article L228-2 du code de l’environnement ?). Enfin, nous souhaitons une connexion qualitative au parvis débouchant à l’extrémité est de la rue Jean Jaurès.
Ensuite, en faisant le maximum pour éviter le report du trafic motorisé restant qui empruntait auparavant l’avenue Salvadore Allende vers le réseau secondaire, par des évolutions légères du plan de circulation et par un plus grand respect des limitations de vitesse :
- La situation rue Jean Jaurès, semble la plus problématique, avec de trop nombreuses voitures faisant simplement le “tour” du parc plutôt que de passer par le boulevard Faidherbe, au détriment de la tranquillité de vie des riverains, et peut-être aussi de la fluidité des bus empruntant cette rue. On pourrait limiter ce trafic assez simplement (et résoudre ainsi la problématique de la qualité de l’itinéraire cyclable posée plus haut) en aménageant autrement cette allée : mise à sens-unique, une zone à trafic limitée ou intégration au projet de parc avec un statut de voie verte, qui autoriserait aussi les passages des pompiers ?
- La rue du faubourg de Hem est depuis longtemps un itinéraire hostile aux mobilités actives, dépourvue notamment de tout aménagement cyclable et accueillant un trafic de transit important. Là aussi des évolutions du plan de circulation pourraient être apportées pour créer un quartier véritablement apaisé, ce qui pourrait résonner avec le projet de requalification du parc de la Hotoie.
- Nous souhaitons un traitement qui soit le plus apaisé possible pour le prolongement de l’avenue Louis Blanc traversant le parc à l’est du Bassin rond et le contournement du lycée de la Hotoie. La section traversant le parc pourrait être même réservée aux seuls bus et vélo le week-end, pour un parc intégralement réunifié.
Enfin, la poursuite du maillage de pistes cyclables autour du parc : il nous apparaît important de créer un réseau continu, qui favorisera encore davantage le report modal vers le vélo. Des aménagements sont attendus au sud et à l’ouest notamment, avenue de l’hippodrome et rue Robert le Coq, ainsi qu’en direction de la route d’Abbeville, mais aussi de manière à permettre une liaison directe au centre-ville.